2005 nos convictions à la croisée des chemins
Plus
que jamais, l’actualité est là pour nous rappeler le caractère
tragique des temps dans lesquels nous vivons. Chacun aura à l’esprit
en ce début d’année que tout n’est pas sujet de fête et que des
millions de personnes sont frappées, du côté de l’Asie, par une
catastrophe naturelle sans précédent. La solidarité est donc à
l’ordre du jour. Ne ménageons pas notre peine dans ce domaine.
Les
autres sujets d’actualités paraissent du coup bien dérisoires.
Faut-il « oui » ou « non » une constitution à l’Europe ? Allons-nous
une fois de plus nous écharper, cette fois-ci à l’échelle du pays
pour savoir si elle est plus « libérale » que jamais ? Ce qui
est sûr, c’est que les jeunes socialistes qui étaient déjà convaincus
de l’importance d’un oui socialiste se retrouvent en première
ligne de la bataille à venir pour un « oui de gauche » au traité
constitutionnel.
Il
y a déjà longtemps qu’à Convergences réformistes nous avons pris
position. Le vote du 1er décembre constitue un pas important dans
ce processus. Leçon de démocratie extraordinaire, ce fut aussi
la preuve que le PS sait ne pas rater les rendez-vous qu’il a
avec l’Histoire. Il serait pour le moins curieux que chez les
jeunes socialistes, on tourne le dos à nos valeurs alors que nous
les dépoussiérerons pour un centenaire qui n’est pas qu’une commémoration,
mais aussi le rappel de l’utilité des socialistes à la gauche,
à la France et à l’Europe. Après une première victoire qui a mobilisé
plus d’une centaine de milliers de personnes aux quatre coins
du pays, dans le premier parti de France, il faudra gagner la
bataille à l’échelle de la France avec le rassemblement le plus
large à gauche. Certains, au nom d’un désir compréhensible de
se démarquer de la droite, sont gênés à l’avance par les rapprochements
qui pourraient se produire avec ceux que nous combattons aujourd’hui.
Nous le disons tout de suite. Il ne faut pas être « contre » parce
que la droite est « pour ». Nous ne nous alignons sur personne
et dans la bataille interne au PS, ce ne sont pas les partisans
du « oui » qui ont eu recours aux arguments de la droite pour
tenter de convaincre les militants dans un sens ou dans l’autre.
C’est pourquoi nous affichons d’entrée de jeu que notre combat
sera pour un « oui de gauche ». Nous disons « non » à ceux qui
voudraient faire croire, même subtilement qu’il faut choisir entre
l’Europe et la gauche.
Si
dans la jeunesse, la plupart des études ont montré un sentiment
majoritaire d’adhésion à l’idée européenne, à sa construction
et à son approfondissement, il faut transformer cet optimisme
en force politique active. On a vu la direction NPS du MJS s’afficher
avec tout ce qu’il y avait de minoritaire chez les jeunes socialistes
européens et y compris avec parfois des groupuscules d’extrême
gauche pour montrer combien les jeunes socialistes étaient nombreux
à être contre ce texte. Mais nous pensons que dans la mesure où
aucun véritable débat n’a jamais eu lieu avec l’ensemble des militants
à l’inverse de ce qui s’est passé dans le PS, celui-ci reste ouvert,
mais désormais, il sera lié à deux faits qu’il faut garder à l’esprit
: le Parti socialiste a tranché. A gauche, le « non » n’est majoritaire
que chez les communistes qui n’ont jamais voulu de la construction
européenne et chez l’extrême gauche... A chacun de savoir avec
qui il veut s’allier. Pour notre part, nous prendre toute notre
place dans la belle bataille pour un « oui de gauche » au traité
constitutionnel.
(Janvier
2005)